dimanche 9 février 2014

Anonyme

Anonyme


En regardant passer les gens,
Je repense à ce moment
Qui a fait naître en moi la peur,
Le dégoût et la douleur.

C'était une belle matinée
Il m'a demandé à sortir,
Comme une conne j'ai accepté
Encore maint'nant je n'peux en rire.

Dans un coin il m'a embrassée
Et tout en moi a refusé.
Je voulais qu'il me lâche, me laisse
Mais surtout pas qu'il touche mes fesses.

Alors comme d'habitude j'ai fuis
J'ai simulé la maladie.
Mais mon répit n'a pas duré,
Très vite je dus y retourner.

Je l'ai suivi naïvement
Dans l'appart' vide de son cousin.
Un appart' vide ? C'était certain,
Mais pas pour mon esprit d'enfant.

Ce n'est qu'une fois la porte fermée,
Que j'ai compris qu'j'étais coincée ;
Il m'a dit sans ménagement
De retirer tous mes vêtements.

Prise de panique j'ai voulu fuir
Mais je ne pus y parvenir ;
La porte était fermée à clé
Et c'est contre elle qu'il m'a plaquée.

Le coup violent qu'il m'a donné
M'a empêché d'me défiler.
Alors, pantelante et sonnée,
Je n'ai pas pu le repousser.

Ça s'est passé trop rapid'ment,
Je ne sais pourquoi ni comment,
J'étais torse nu, le bas ouvert
Et lui en sang, gisant à terre.

Je suis sortie à demi nue
Et sans réfléchir j'ai couru.
Loin, plus loin, jamais assez,
Puis j'ai fini par m'arrêter.

Je sentais mes lèvres gercer,
Mon corps hurler, ma peau brûler,
Je ne pouvais tarir mes pleurs,
Au fond de moi enflait l'horreur.

J'ai fait couler un bain trop chaud
Et j'ai frotté très fort ma peau.
Bien vite l'eau devint rouge.

Je suis restée là sans bouger
Dans ce bain de sang et de lambeaux
Et malgré l'absence de ma peau,
Je le sentais encore me toucher.

Et aujourd'hui, sept ans après
En repensant à ce jour noir
Je me surprends sans trop y croire
A frotter les endroits blessés.

vendredi 7 février 2014

Jeux interdits

J'ai retrouvé ce texte datant du 7 janvier, soit d'il y a tout pile un mois.

A la base, c'était un texte visant à évaluer mon niveau en RP (sur les forums de RPG). On m'a donné le contexte et je devais écrire l'ouverture d'un RP en m'en inspirant. Voici donc le contexte et ce que j'ai écris (cela m'a valu la note de 4/5. Qu'en pensez-vous ?) :




Contexte :
Tu es une belle et riche femme mariée à un merveilleux homme que tu pense très fidèle. Vous avez deux enfants, même si vous ne dépassez pas la quarantaine. Vous filez un parfait amour et d'ailleurs, vous revenez de votre deuxième voyage de noces. Tu es heureuse, et tu aimes ton homme ! Un soir, tu sors du boulot plus tôt, voulant faire une surprise à ton mari en pensant rentrer plus tôt que lui pour lui faire un bon petit plat. Au lieu de ça, tu arrives chez toi, tu montes dans ta chambre, et tu découvres ton mari avec sa secrétaire... dans votre lit. Comment réagiras-tu ?



Interprétation :
« Tu pars tôt aujourd'hui ! »

Et oui... Je lui souriais mais ne m'attardais pas. J'avais d'autres chats à fouetter ! A peine rentrée de mon second voyage de noces, je me sentais pousser des ailes. J'avais envie de courir partout, de sauter sur les chaises et de balancer des roses et d'autres fleurs des champs dans le bureau, uniquement pour montrer au monde à quel point j'aimais mon homme. Il était beau, il était charmant, il était parfait !
C'était mon homme.

Voilà sept ans que nous étions mariés et l'amour était toujours présent. Deux voyages de noces, deux enfants, une maison, des cadeaux à n'en plus finir ! Que demander de plus ? Je ne savais pas, j'avais tout ce que l'on pourrait désirer. Et plus encore ! Voilà pourquoi, ce jour là, j'avais décidé de lui rendre la pareille. Et j'allais de ce pas lui concocter le plus beau repas surprise de sa vie. J'avais tout prévu ; les chandelles, les fleurs, la vaisselle, la petite nuisette de soie noire... Tout, sauf le repas.
C'est tout moi ça !

Dans ma hâte, je bousculai Sylvie. Ses dossiers s'étalèrent dans l'ascenseur, lequel se referma avant que l'on ne puisse tout ramasser. J'avais justement envie d'être seule enfermée dans l'ascenseur avec ma boss, juste après avoir envoyé au sol toute sa paperasse. Sourire crispé, balbutiement d'excuse... J'avais toujours été mal à l'aise en présence de Sylvie, sans que je ne parvienne à savoir pourquoi. Peut-être était-ce ses regards appuyés, ses sourires énigmatiques, ma paranoïa aiguë ?

« Vous rentrez déjà, Lyse? ».
Regard appuyé.
« Hum... Oui, j'ai achevé mes objectifs du jour et je comptais en profiter pour faire une surprise à mon mari.
- Il en a de la chance... »
Sourire énigmatique.

Et voilà, il ne m'en fallait pas plus pour commencer à me liquéfier sur place. Fort heureusement, c'était à cet instant que l'ascenseur avait décidé de me libérer. Je marmonnais une ou deux phrases puis m'éclipsais. Une fois dans la rue, ce fut le marathon. Entre le repas auquel je n'avais pas pensé, la nuisette repérée mais non achetée, le passage chez le coiffeur et le coup de téléphone à une baby-sitter, je n'eus pas un moment à moi. Mais c'était pour la bonne cause !
Cette soirée allait être parfaite.

Nous habitions dans une petite maison de ville, juste à la périphérie du centre. Deux étages, cent-quarante mètres carrés habitables, cinq pièces, un immense dressing et deux salles de bain. Une petite cour permettait aux enfants de jouer et l'entrée donnait sur un sas qui permettait d'accéder soit au salon soit à la cuisine, ainsi qu'à l'escalier. Je me précipitai dans la cuisine. Dans ma joie, ma hâte ou ma bêtise, je ne remarquai même pas qu'une cravate montait l'escalier, suivie de près par un chemisier, et qu'une chaussette était un peu à la traîne.

Je déballai donc les courses, étalai le tout sur la table, commençai à sortir les ustensiles dont j'aurai besoin pour préparer les petits plats prévus. Mais c'était sans compter mon regard qui, vicieusement, se posa sur le sac Aubade contenant ma superbe nuisette de soie noire. Je DEVAIS l'essayer ! Je ne fis ni une, ni deux, et montai les escaliers quatre à quatre, traversai la chambre en courant, saluai au passage mon mari et la femme qui l'accompagnait, fonçai dans la salle de bain et retirai tous mes vêtements...
Ce n'est qu'une fois nue, que l'étrangeté de la situation m'apparut.

Le miroir me renvoya sans aucune pudeur le reflet de mon visage en décomposition. Venais-je bien de saluer mon mari, accompagné d'une femme ? Et ce, dans notre lit ? Non, ce devait-être une erreur. Ma précipitation avait dû me faire voir des choses, tel un mirage en plein désert. N'écoutant que mon courage, j'ouvris la porte.
Et je les vis.

Nous restâmes un moment à nous regarder. Je ne savais comment réagir ; étais-je sensée crier, m'énerver, me ruer sur lui, sur elle, pleurer, claquer la porte, lancer des assiettes, appeler la police, mettre le feu, sortir un couteau, faire comme si de rien n'était, commencer par me rhabiller. Oui, j'étais encore nue. Je n'avais pas trouvé utile de me revêtir avant de rouvrir la porte, ce qui rajoutais au malaise ambiant. Mais après tout, nous étions sur un pied d'égalité ; nus comme des vers.
Mon regard s'attarda un instant sur mon mari ; ce qu'il pouvait être beau !
Puis il se posa sur sa partenaire... Je devais reconnaître qu'elle n'était pas vilaine non plus.

Ce n'était pas ainsi que j'avais imaginé ma soirée ; je voulais cuisiner le plat préféré de mon homme, puis me préparer jusqu'à son retour. Le séduire, le chauffer toute la soirée, pour passer ma nuit en sa compagnie.
Au lieu de ça, je le trouvais dans mon lit, déjà chauffé et aux bras d'une autre. Et je n'avais même pas commencé le repas.
Minute... Pourquoi est-ce que je pensais au repas, tout à coup ? Je devais me mettre en colère, les pourrir, les insulter, les frapper, les jeter dehors et demander le divorce. Pourtant, je n'arrivais pas à me mettre en colère.
Était-ce l'embarras que nous ressentions tous les trois ?
Le fait d'être nue ?
Autre chose ?

Mon cerveau fit rapidement le tri dans toutes les options qui s'offraient à moi, me laissant libre choix entre les deux dernières ; partir en claquant la porte et passer ma soirée seule à boire dans un bar, ou bien ravaler ma gêne et rejoindre ces deux amants dans leurs jeux interdits.

Avec un sourire malicieux, je fis un pas vers le lit.

mardi 4 février 2014

La fuite d'Ode



Le résultat est dégueulasse. Ça a bavé, j'ai dépassé, ça ressemble à rien. Mais je me suis bien amusée ! x)
C'est coloré à l'encre.

Cette "BD" était à la base censée être une sorte de storyboard pour réaliser une petite vidéo pour poser le contexte d'un forum de RPG que j'avais créé il y a de cela quelques années. Bien entendu, le forum a coulé aussi vite qu'il est né, mais en retombant dessus par hasard, j'ai trouvé que l'univers valait tout de même le coup.
La BD s'éloigne un peu de l'histoire, mais à la base je voulais en faire un petit trailer. Donc pour des raisons techniques, j'ai modifié le script x).

Voici l'histoire, que j'ai écrite au cours de l'été 2009 :
Le forum regorgeait de détails à propos de l'univers et de l'histoire, voici l'adresse, des fois que ça intéresse quelqu'un !







Sur une page il y a écrit:
« Cela te convient-il ?
- Oui. » dis-je.
Ainsi commença mon apprentissage. Dix-sept années s'écoulèrent sans que nous reparlâmes de ce jour. Enfin, ma préceptrice s'adressa à moi en ces termes : « En ce jour, ta formation est terminée, je n’ai plus rien à t’apprendre. Qu’as-tu à m’offrir ? »
Je l’observais en silence puis mes index fermèrent ses paupières et, l'espace d'un instant son cœur battit d'excitation... L’effroi passa furtivement sur ses traits, puis elle tituba quelques secondes, et s’écroula. Morte. Elle était morte, j’étais libre. Je me détournai de son corps, un sourire aux lèvres. J’avais joué mon rôle à la perfection, jamais elle ne s’était douté que je la trahirais.

Ma soif de pouvoir me traîna à Fort de Fleuve, la plus puissante et influente des cités de l’époque. Personne ne m’y connaissait, je dû donc faire mes preuves. En ce temps, j’étais connu sous le nom de “l’Etranger” car ma peau pâle contrastait avec celle, halée, des habitants. Rapidement je me rendis indispensable. J’étais partout, je faisais chacun des travaux que l’on me confiait, vite et bien. Ils étaient d’un ennui ... Souvent j'eus envie de laisser tomber, car l’heure que j’attendais tardait à venir, mais je tins bon. Enfin le roi me remarqua, et fit de moi l’un de ses valets. Un valet ! Moi ! Je pris patience. Bien que j'eus espéré une meilleure place, je me contentais de celle-ci. Bientôt, le peuple apprit à me respecter ainsi qu’à m’admirer, les nobles eux-mêmes me considéraient comme l’un des leur. S’ils avaient pu lire l’avenir, ils m’auraient certainement pendu aussitôt !
Les quatre années qui suivirent furent un vrai régal pour moi... Enfin! je m’amusais ! Pour d’obscures raisons, les héritiers à la couronne disparaissaient les uns après les autres, emportés par quelques maladies ou blessures. Une main invisible et insensible semblait décimer la lignée royale, et c’était totalement vrai. Cependant pas une seule seconde le roi ne pensa que cela pouvait être moi. En peu de temps, je l’avais aveuglé par ma prétendue loyauté, ce qui me valait d’être écarté de tout soupçon. Cinq ans après mon arrivée en ville, le roi naguère fier et puissant n’avait plus d’héritier, il était détruit. Il se rapprocha de moi lors des mois qui suivirent. Mes plans se déroulaient comme prévu... Je pris plaisir à regarder la reine mourir, après trois semaines de lente agonie... Le moment que j’attendais, et que je préparais depuis cinq longues années arrivait !
Puis, comme par hasard, peu après la mort de sa femme, ce fut au tour du roi d’être frappé par la maladie. Sentant ses forces décliner, il me fit mander. Je me rendis à sa chambre, et tout mon être tremblait d’une excitation sourde. J’entrais et il prit la parole, d’une voix faible et ravagée de chagrin : « Toi, que l’on nomme “l’Étranger”, viens, approche toi. J’ai une requête à te soumettre... » Sa voix se brisa à ce moment, et il toussa longuement. Je patientais, agenouillé respectueusement aux pieds de son lit. « C’est toi qui va reprendre la couronne maintenant... C’est à toi qu’elle revient, tu es plus proche de moi que n’importe qui ici.
- Mon roi, ce n’est pas le moment, vous n’êtes pas encore mort! Vous êtes encore jeune et vigou...
- Tais toi idiot ! » Son ton était tel que je me tu, sachant très bien ce qu’il allait dire. Et cela me convenait parfaitement. Ma victoire n’avait jamais été aussi proche qu’en cet instant. « Tu sais comme moi que je n’en ai plus que pour une semaine, alors accepte la couronne et gouverne sagement comme ceux de ma lignée l’ont toujours fait. »
Je soutins un moment son regard, et baissai la tête. Il sourit, j’avais accepté son offre. En même temps, comment aurais-je pu la refuser ? Cela faisait des années que j’attendais patiemment ce moment, et je le savourais pleinement. Il me tendit alors une dague, me demandant d’abréger ses souffrances. Il m’assura que je n’aurais pas à être jugé pour ce crime, car plusieurs nobles étaient témoins que l’ordre émanait de lui. Je ne fus que trop heureux d’exécuter cet ordre, mais avant cela je choisis de le torturer une dernière fois : « Comme aujourd’hui je vous tue, je les ai tués. Tous. » Les yeux de mon roi s’agrandirent, une profonde détresse y passa furtivement puis une intense déception. Je laissai à mes mots le temps de prendre tout leur sens, et tranchai la tête de cet homme avant qu’il ne revienne sur ses paroles .
Enfin, mon règne pu commencer.


La page fut arrachée. L’homme, tout en la tenant fermement d’une main, remit le journal dans sa boîte, puis se faufila par les volets entrouverts et entreprit de redescendre de l’immense tour qui abritait les quartiers royaux. L’ascension avait été rapide, la descente, elle, lui prit plus d’une heure. Parvenu en bas, il sortit de l’enceinte grâce à un vieux passage dérobé, oublié au fil des ans. Laissant les remparts derrière lui, il rejoint la ville. Là il ralentit, remit en place ses chausses et sa tunique sombre et passa calmement devant les étals des marchands qui commençaient à peine leur journée. Le quartier des RichesMarchands dépassé, il entendit un bruit suspect. Il n’eut que le temps d’apercevoir un cavalier, lancé au galop contre lui, et il s’écroula à terre. Il se releva tant bien que mal, mais sa tempe accueillit un coup de sabot. Il perdit connaissance, sombrant dans un sommeil dont jamais il ne se réveillerait.


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Pour comprendre l’étrange longévité de ce roi, qui règne depuis près de cent cinquante ans, il suffit de revenir à la cinquième année de son règne. En cinq ans, il avait doublé les impôts, réduit les libertés de ses sujets, rétablit l’esclavage, la torture et la peine de mort par écartèlement. Ainsi l’opposition croissait plus vite qu’il ne l’aurait voulu. Cette année, il prit une compagne qui lui donna trois beaux enfants. Trois filles. De plus, elle marqua le début d’une période noire. Très noire. Chaque personne s’opposant à lui était torturée jusqu’à ce qu’elle avoue, puis écartelée pendant plusieurs heures, publiquement. Pour donner l’exemple. La population était terrifiée, personne n’osait plus critiquer ses agissements. Les nobles, qui autrefois avaient froncé les sourcils suite à ses nouvelles lois, étaient maintenant constamment sur ses talons, lui donnant des compliments à tout va. Le roi félicitait ceux qui le soutenaient, punissait les autres. Bien vite, chacun compris qu’il serait plus sage de fermer les yeux sur ses pratiques, et de se laisser corrompre par les dons, les banquets, les fêtes que le roi donnait en l’honneur de ceux qui lui étaient fidèles. C’est ainsi que l’opposition fut vaincue en moins de cinq ans, avant même d’avoir réellement pu se lever contre lui. Ainsi continuèrent les premières années. Régulièrement un villageois était accusé de trahison puis écartelé, pour rappeler aux autres de ne pas se dresser face à lui. Le peuple serrait les dents, et continuait à vivre, se disant que, de toute manière, leur roi approchait de la cinquantaine et qu’il finirait par mourir, libérant ainsi leurs enfants de son influence terrifiante.
Mais il se trompait, il le comprit bien vite. Les filles de l’Etranger arrivèrent à leur quinzième année. C’est alors que le roi, se sentant vieillir, organisa une cérémonie en présence de toute la HauteVille. Le vin coulait à flot et la nourriture était abondante. Le banquet fini, le roi déclara :
« Comme vous le savez, je me fais vieux. Je n’ai pas fini tout ce que j’ai entrepris ou projeté d’entreprendre, c’est pourquoi j’ai décidé d’abandonner ce corps et de continuer à gouverner dans un autre. » Sur ces mots, il prit une de ses filles par la nuque, la retourna et planta ses yeux dans les siens. S’en suivit une étrange lumière, tous furent aveuglés. Lorsqu’ils retrouvèrent l’usage de leurs yeux, l’ancien corps du roi gisait aux pieds de sa fille, une nouvelle lueur brillant au fond de ses yeux bruns. Nul ne douta que le roi habitait maintenant son corps. L’ancien corps du roi se redressa et observa ses mains avec surprise. « L’esprit de ma fille habite maintenant mon corps. » La voix grave du roi avait pris la place à celle, aiguë et chantante de sa fille. Il sortit la dague toujours accrochée à sa ceinture, et égorgea sans détour ce corps, qui l’avait abrité pendant plus de soixante longues années. La stupeur de l’assemblée l’empêcha de réagir lorsque le roi avança à pas posés vers ses deux autres filles, et leur fit subir le même sort que leur sœur.
Le peuple ne perçu pas totalement ce qui s’était passé cette nuit-la, mais tous surent à cet instant que jamais plus ils n’auraient d’autre roi, qu’eux et leurs descendants seraient à jamais gouvernés par cet homme qui n’avait pas hésité à sacrifier la vie de ses trois filles pour survivre. Et nul ne doutait qu’il le referait.
Les générations s’écoulèrent, toujours basées sur le même cycle. Lorsque son enfant avait 15 ans, le roi prenait possession de son corps et tuait ses frères et sœurs. Quelques années après, il refaisait des enfants et les éduquait lui-même. Il modelait ainsi leurs corps par des séances d’entraînement aux armes, d’escalade ... Il choisissait avec minutie l’enfant qui allait l’abriter, tout autant que ses compagnes et compagnons. Il prenait toujours le plus beau et musclé, celui qui correspondait le plus à l’idée qu’il se faisait de l’humain parfait. Ainsi, au fil des génération il devint plus beau, plus grand et fin, tout en restant musclé et énergique. La chevelure, qui autrefois était bouclé et très noire, est aujourd’hui, six générations plus tard, lisse et brune. Sa peau s’est halée, à l’image des habitants, et ses yeux couleur amande en ont aussi la forme et sont parfaitement espacés de part et d’autre d’un nez fin et légèrement busqué. Le visage paraît calme et doux, mais chacun sait qu’il ne faut pas s’y fier.


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« GARÇON ! Une autre choppe ! »
L’atmosphère confinée des tavernes était propice aux commérages. Une chambrière du palais était attablée, et parlait à voix basse avec d’autres femmes des BasQuartiers. « J’ai entendu un « clac » suivis d’un gémissement. Et alors j’l’ai vu sortir, la p’tite ! En courant ! Elle se tenait la joue. Je crois que c’était encore une de leurs disputes, quant au fait qu’il allait lui voler son corps, et qu’elle devait mourir. C’est marrant, mais son frère me paraît moins turbulent. A mon avis il a accepté depuis toujours qu’il serait tué par son père… Pauvres enfants... » Elle se tu subitement. Elle venait de prononcer une phrase qui pouvait l’accuser de trahison et lui coûter la vie. Elle regarda les autres, mais toutes hochaient la tête d’un air entendu. Toutes partageaient son avis mais nulles ne pouvaient le dire. Le silence qui suivit en disait long sur leurs pensées. Ainsi la fille du roi, promise à une mort certaine, ne l’acceptait pas. Était-ce bon pour eux ? En vérité, cela ne changerait rien, les enfants seraient tués et le régime de terreur du roi continuerait…
Pourtant, ce soir là, alors que les préparatifs de la cérémonie en l’honneur de l’an cent cinquante, durant laquelle le roi serait transféré dans sa fille, personne ne remarqua une ombre fugitive s’introduire dans l’enceinte du château. Personne non plus ne la vit gravir la plus haute tour, ni s’introduire dans les quartiers royaux. Nul ne se douta qu’elle n’y prit qu’une page d’un journal intime. Cependant, alors qu’elle redescendait, elle fut aperçue…
Elle courrait en direction de ses appartements, les yeux emplis de larmes. Ode, la fille du roi, vit un mouvement furtif, au dehors. Elle cru d’abord à un animal. Mais bien vite elle se détrompa. C’était un homme qui redescendait de la Tour, un homme ! Il avait dû s’introduire dans la chambre de son père et y dérober un quelconque objet… Elle devait donner l’alerte, elle le savait, et pourtant… Si cet homme était parvenu à s’introduire dans le château sans que nul ne le remarque, et s’il parvenait à en sortir… Pourquoi pas elle ? L’entraînement que leur faisait subir leur père, avait musclé leur corps, et elle se sentait parfaitement capable de sortir des bâtiments par le même chemin que cet inconnu le faisait. Mais soudain le doute la prit. Devait-elle aller chercher son frère ? Ou bien le tuer ? Ou encore ne pas s’en occuper du tout… Aller le chercher lui ferait perdre du temps, le convaincre de la suivre bien plus encore. Le tuer serait astucieux. Ainsi privé de ses deux enfants, ainsi que de leur mère, qui était morte peu après leur naissance, le roi ne pourrait étendre sa lignée, et ses méfaits s’arrêteraient là. Oui, elle tuerait son frère… Et après elle partirait. S’armant de courage, elle voulu se rendre aux appartements princiers, quand un bruit lui parvint. Quelqu’un approchait ! Elle se précipita vers la fenêtre, l’enjamba, et entrepris d’atteindre le sol en un seul morceau. Cela s’avérait plus dur que prévu, mais elle s’efforça de ne pas sentir les élancements dans ses muscles. Bientôt elle fut en bas. Elle sortit discrètement du château, certaine que personne ne l’avait vue.
Quelque part, dans le matin naissant, un homme hurla sa rage. Il se précipita ensuite vers la chambre de son fils… Le trouva mort. Le second hurlement qui s’échappa de sa gorge fut plus terrible que le premier, si bien que toute la ville l’entendit et en fut glacée. Bien des années après ces faits, il fut raconté que le second enfant du roi, Arod, ayant vu sa sœur s’enfuir, compris qu’il était plus sage de se tuer. D’autres dirent que la décision de sa sœur, celle de le tuer, avait été telle qu’elle l’avait tué sans même aller le voir. Toujours est-il qu’en cet instant, le roi avait perdu ses deux enfants, n’avait plus de femme, et serait probablement mort avant que ses prochains enfants n’atteignent leur quinzième année… Il n’avait d’autre choix que de retrouver sa fille… Ou de mourir.
Elle marcha droit à travers la HauteVille. Elle avait pris soin de cacher son visage, bien trop reconnaissable… Elle était perdue dans ses pensées, qu’allait-elle faire maintenant ? Il lui fallait quitter la cité, mais on ne pouvait franchir les gouffres que par de rares ponts, tous protégés. Ses pensées furent une nouvelle fois interrompues par l’homme qui s’était introduit dans la chambre de son père. Cependant, cette fois, il était mort, poussé négligemment dans une ruelle. Elle s’accroupit auprès de lui. Manifestement, il venait de mourir. Un bout de parchemin dépassait de sa tunique, elle la tira. C’était une page du journal de son père. Ce qu’elle y lu la bouleversa. Se relevant en vitesse, elle courut, droit devant elle, cherchant à mettre le plus de distance possible entre elle et le château. Les larmes l’aveuglaient, et l’effroi glacé qui s’était insinué au plus profond de ses entrailles l’empêchait d’avoir réellement conscience de ce qu’elle voyait. C’est pourquoi elle aperçu trop tard la falaise, et s’y précipita.
Dès le lendemain, des avis de recherche furent placardés partout en ville, tous murmuraient sur les événements. La récompense offerte à qui la retrouverait était prodigieuse, mais le peuple ne semblait pas s’y intéresser… En réalité, les bas-gens espéraient que jamais elle ne serait retrouvée. Cependant, des personnes avides de pouvoir et d’or se mirent à sa poursuite, mais dans le même temps, ceux qui, depuis toujours, étaient contre le roi redressèrent la tête… Une nouvelle ère allait commencer, c’était sûrement la première, mais aussi la dernière fois qu’il serait possible de renverser ce dictateur.
Depuis des décennies, ceux qui habitaient aux pieds de la falaise des HautsQuartiers avaient pris pour habitude de tendre de longs filets, pour récupérer les déchets des gens de la haute. Ce matin là, un jeune homme découvrit un corps inanimé dans ses filets. Il s’en occupa comme il pu, et découvrit son identité quelques jours plus tard, grâce à une affiche accrochée au poteau centrale du quartier des racleurs de pierre. La récompense était alléchante, pourtant il se résolu à ne pas dénoncer l’enfant, et s’en occupa jusqu’à ce qu’elle se réveille.
 

lundi 3 février 2014

Délire entre mes parents et moi, clin d’œil à une situation récurrente du quotidien !










Je souhaite remercier mes parents pour ce mini tournage, qui fut un pur bonheur. J'ai beaucoup apprécié nos fous-rires !

samedi 1 février 2014

Un petit bateau

Bonjour !

Ce matin, je me suis levée avec la folle envie de dessiner un bateau. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien ! Quoi que... Je me suis rendue compte que mon prénom, si j'inversais les syllabes, ça donnait "mât pâlot", et ça m'a faite rire. Oui, il n'en faut pas plus. Du coup, ni une, ni deux, j'ai changé le pseudo de mon faux compte facebook (car j'ai pas envie d'être sur facebook mais c'est tout de même pratique pour certaines choses, puis je voulais voir combien d'amis j'arrivais à avoir en trente minutes : 97 pour la petite histoire ! BREF.).  Enfin, tout ça pour dire que j'ai dessiné mon bateau, et le voici ! 




Lâchement recopié de ce bateau, autrement plus joli !

Puis bon, après coup je vois tous les défauts du mien, comme par exemple la moche voile de devant qui n'est pas du tout dans la bonne position, mais peu importe ! J'étais contente de dessiner. C'est comme l'histoire de mon storyboard... Ah mais, je ne vous l'ai pas racontée celle-ci ! En fait, il y a de cela une semaine, j'ai fait le storyboard pour mon petit projet de trailer que j'ai succinctement évoqué lors d'un précédent article. J'étais assez contente du line, mais prise d'une folle envie de le colorer... A l'encre. Catastrophe, le résultat est dégueulasse mais j'étais contente de le faire, je me suis bien amusée. Le seul HIC de l'histoire, c'est que j'ai oublié de scanner le line et du coup j'ai tout niqué mon storyboard !

On s'en fout !