mardi 28 janvier 2014

Confidences d'un poisson rouge - Fin originelle

Hello à tous !

Il y a quelques temps de cela, je postai l'histoire Confidences d'un poisson rouge sur un forum, en précisant que la fin n'était pas l'originale, puisque suite à une remarque disant que mes histoires finissaient toujours mal, je l'avais réécrite.
Cette histoire ayant rencontré un étonnant succès auprès des membres de ce forum, et ayant reçu plusieurs demandes quant à la fin originale que j'avais bêtement effacée, je l'ai réécrite il y a quelques temps. C'est un exercice auquel je ne m'étais jamais adonnée, et j'avoue en avoir bavé. Le résultat me déçoit au plus au point, cette fin me semble vide, fade ; je ne ressens rien en la lisant. Malgré tout, elle a fait l'unanimité auprès de celles qui me l'avaient demandée ; la voici donc :


2 janvier 2014
Confidences d'un poisson rouge - Fin originelle


J'ai presque achevé mon tour lorsque la porte s'ouvre. La lumière s'allume, elle se précipite vers moi.

« Oh mon Zozo, excuse moi !! »

Je reste là, pantois, à deux nageoires de tout perdre. J'ai envie de lui dire que c'est trop tard, que ma décision est prise, mais que je la comprends et ne lui en veux pas. Mais rien ne sort de ma bouche. Alors je me contente de la regarder, puis me détourne.



Il est vrai, qu'aussi loin dont je me souvienne, j'ai toujours été contre le stéréotype du poisson rouge, celui qui passe ses journées à faire des tours de bocal, à ne se souvenir de rien, à redécouvrir à chaque fois son environnement. J'ai très mal supporté l'oubli de ma mère, tout de suite après ma naissance. Celui de mon père fut plus dur encore. Et ceux de mes frères et sœurs furent une révélation. Je ne serai jamais comme un poisson rouge, me dis-je ce jour. Jamais.
Mais les gens changent.
Ils évoluent.
Ils oublient.


En parlant de ça, ce cactus n'est-il pas étrange ?
Et il y a une petite grotte !
Tiens, il y a un drôle d'animal qui m'observe dehors...

Hum, quel étrange cactus...
Charmante cette petite grotte.
Oh ! Il y a un drôle d'animal qui m'observe dehors !


Ça alors, voilà un étrange cactus !
Il y a même une petite grotte !
Hum, il y a un drôle d'animal qui m'observe dehors...

dimanche 26 janvier 2014

Renaissance

Voici un poème que j'ai écrit, un peu pour remercier toutes les personnes géniales que j'ai rencontrées au cours de ces deux derniers mois. Je n'arrive pas à m'empêcher d'être triste à l'idée que tout soit fini, et même si j'ai espoir de revenir le mois prochain, mon côté pessimiste ne cesse de me susurrer que je ne vous reverrai jamais.

Malgré tout, je tenais à vous remercier à ma façon, et même si c'est moche, même si la poésie n'est vraiment pas mon fort, c'est pour vous.
Merci à vous tous.


(j'ai essayé de m'imposer les alexandrins, c'est vraiment compliqué comme exercice ^^' En plus c'est des faux alexandrins puisqu'ils n'ont pas de césure, enfin bref. Je suis désolée du piètre résultat...)


Renaissance



Ne dis-t-on pas ; toutes les bonnes choses ont une fin,
Ce vieux dicton que l'on ressort comme un refrain ?

Mais pourquoi faut-il toujours que je me rende compte,
Que les bonnes choses sont souvent trop courte, c'est une honte !

Et qu'est ce que deux petits mois dans une vie ; rien.
J'en ressors pourtant grandie. Je n'ai plus peur, viens !
Avenir. Tu es toujours aussi incertain,
Mais cette fois, plusieurs personnes m'ont tendu la main.
Je suis passée d'anonyme à connaissance,
Demain qui sait, amie ? Voici ma renaissance.

vendredi 24 janvier 2014

Premiers Bidouillages sur AAE.

Voici mes premiers essais sur AAE, et je suis dors et déjà subjuguée par les possibilités qu'offre ce logiciel.



Cette première vidéo est très courte, c'était juste un petit essais de boule lumineuse, mais je vais tenter d'en faire une un peu plus construite d'ici quelques jours, en y ajoutant plusieurs effets spéciaux qui vont bien.






Il va de soit que si j'ai touché à AAE c'est que j'avais un projet en tête, mais comme toujours je m'éparpille et je n'avance pas. Toutefois, si tout va bien, d'ici quelques jours je mettrai en ligne l'espèce de story-board de mon "projet" qui n'aboutira certainement jamais n,n




Bisous !

jeudi 23 janvier 2014

Tjal - Trailer Rat




Merci à Joséphine pour son aimable participation.



Mise à jour du 09/01/2015 :
 Je souhaite simplement laisser un petit mot pour Joséphine, qui nous a quitté le 19 octobre 2014.

vendredi 17 janvier 2014

Patricia - Mère d'Elise


Patricia naquit en ce jour de la première année du siècle qui allait changer à jamais la face de la France et qui serait baptisé plus tard siècle des Lumières ; le premier janvier 1700. Ses parents, de simples humains, ne se préoccupèrent que peu de cette troisième enfant qu'ils laissèrent livrée à elle même ; après tout, il ne s'agissait que d'une fille. Elle ne manqua cependant de rien : elle était la fille de chapeliers aisés qui avaient su s'enrichir sous le règne de Louis XIV et qui pourvoyaient à tous ses besoins. Jouissant d'une liberté et d'une autonomie sans réelle limite, Patricia arpenta dès l'âge de quatre ans les rues de Paris, accompagnée par Bubu, sa buse et totem. A cette époque, rien ne laissait envisager que l'enfant puisse être une fée : d'une croissance impressionnante, Patricia mesurait déjà 3,4 pieds et bien qu'elle eut parfois mal au dos, aucune aile n'avait encore pointé le bout de son nez (ou de sa membrane). Ce n'est qu'à l'aube de sa sixième que ces dernières daignèrent enfin pousser et que la croissance fulgurante de la fillette s'arrêta, à la taille impressionnante – pour son espèce – de 3,9 pieds, soit 119 centimètres.

Effrayée par les modifications physiques dont elle était victime, et ne les comprenant pas, la fillette préféra fuir, craignant la réaction de ses parents et de ses deux frères aînés. Ayant une connaissance quasi parfaite de la ville, elle n'eut aucun mal à se loger et à se nourrir auprès des boulangers qu'elle savait peu prudents. Deux ans s'écoulèrent ainsi durant lesquels elle acquit une discrétion et une dextérité sans pareil. Cependant, alors que sa neuvième année approchait à grands pas, l'hiver vint et fut le plus rude que le pays avait subit au cours des dernières années. Elise, au terme d'une rapine risquée chez un tisserand, parvint à se procurer suffisamment de couvertures pour survivre aux températures glaciales. Ce ne fut cependant pas le cas pour tous ses compagnons des rues, comme elle le constata avec tristesse et désolation lorsque les beaux jours revinrent.

Sincèrement triste pour tous ces enfants des rues qu'elle avait côtoyé durant près de trois ans et pressentant que les prochains hivers n'allaient pas être plus cléments, elle décida de quitter sa ville natale pour le Sud, où elle espérait trouver chaleur et accueil. Elle trouva l'un, mais pas l'autre.

Patricia n'aurait pas voulu que l'on s'attarde sur cette partie de sa vie, durant laquelle elle ne vit qu'horreur et désolation. Elle traversa rapidement la France, puis l'Espagne et s'embarqua clandestinement sur un bateau à destination de l'Egypte, pays dont elle n'avait jamais entendu parler mais qui était sans nul doute très accueillant.

Elle tomba de haut. Ce qu'elle découvrit dans cet Afrique du XXIIIè siècle la révolta ; tout n'était qu'asservissement, lutte, guerre et razzia dans les campagnes pour alimenter la traite d'esclaves. Elle traversa plusieurs pays, constatant avec émerveillement que tous les humains n'étaient pas identiques (certains étaient noirs, alors peut-être que ses ailes de coccinelle qu'elle prenait soin de cacher et sa petite taille n'étaient pas une aberration), mais aussi avec dégoût que la différence est une raison suffisante pour justifier l'humiliation, la déshumanisation, la torture, la captivité, la violence et la cruauté. Prise de nausées qui ne devaient s'arrêter que trente ans plus tard – nous étions alors en 1722 et Patricia avait 22 ans -, elle décida de fuir ce continent dans l'espoir de trouver un lieu où l'Humain ne serait pas si méprisable.

Elle remonta donc l'Afrique en longeant la côte Est, traversant ainsi l'Ethiopie, puis entra en Asie via le Yemen puis le Pakistan. Ses voyages ne confortèrent que mieux ses convictions ; l'être humain était mauvais, et elle ne faisait pas partie de cette espèce rongée jusqu'à la moelle par une volonté malsaine d'être supérieure. Malgré tout, cela ne l'empêcha pas de lier des amitiés plus ou moins sincères avec des gens simples, des paysans, des nomades, des troubadours ou des marchants. Pendant environ trente ans, elle parcouru le Pakistan, l'Inde et le Bangladesh, prodiguant des soins aux personnes qui en avaient besoin, faisant pousser les cultures des paysans, racontant ses histoires de France et d'Afrique à des enfants aussi curieux qu'attentifs. Elle fuyait les grandes villes et les humains puissants, préférant parfois passer plusieurs mois perdues dans la nature sauvage et profonde de cette Asie encore relativement préservée de l'expansionnisme Européen.

Et puis, un jour, alors qu'elle venait de rencontrer un groupe nomade d'artistes en tous genres, elle ouït d'une peuplade Sri-Lankaise composée quasi exclusivement de petits êtres ailés. Se gardant bien de révéler sa nature, elle n'eut alors pour seul but que de la rejoindre. But atteint au cours de l'été 1752.

C'est à partir de ce moment que la vie de Patricia devint simple et heureuse. Elle découvrait qu'elle n'était pas seule et par la même occasion son appartenance à l'espèce Fée. Elle apprit également qu'il existait d'autres espèces ; les sorciers, humains à pouvoirs, les elfes, les anges et les vampires. Émerveillée, la fée posa définitivement ses valises dans ce petit village Sri-Lankais peuplé d'une cinquantaine de fées, d'une dizaine d'humains comptant parmi eux plusieurs sorciers, de trois elfes, cinq anges et un vampire.

Elle tomba très vite amoureuse d'une belle fée mâle de couleur sable aux ailes de mouche. Cette fée, nommée Kasun Acaru était le fils de l'un des anciens fondateurs de cette paisible communauté, et jouissait de l'héritage ancestral de sa famille : un don de guérison particulièrement développé. Les deux fées se fréquentèrent plusieurs années, avant de s'unir, enfin, devant tout le village rassemblé. Pour l'occasion, car l'union de deux fées était un événement rare et festif, de nombreux humains habitant les villages environnants furent même conviés. La fête fut grandiose et le nouveau couple heureux.

Il ne fallut pas longtemps au couple pour donner naissance à une petite fille, qu'ils nommèrent Elise, en référence à l'une des amies d'enfance de Patricia qui s'était malheureusement éteinte lors de l'hiver 1708. La petite fée repoussa d'emblée toutes les limites de son héritage ancestral, émerveillant par ses dons de guérison jusqu'au plus ancien représentant de la lignée Acaru. Avant même de savoir marcher, la petite fée était capable de guérir des fractures, soigner des infections, et faire tourner en bourrique ses parents. L'aspect petit et fragile de l'enfant contrastait avec la grande taille et la carrure sportive de Patricia, mais cela exacerbait d'autant plus les instincts maternels de cette dernière. Totalement dévouée à sa fille, à son mari et à son peuple, Patricia commença à enseigner le français, mais aussi l'hindi, l'ourdou et le bengali à toute personne le désirant, qu'elle soit fée ou humaine, originaire du village ou non.

Le départ de sa fille pour l'Inde fut un déchirement pour cette mère aimante et dévouée, mais elle était fière que sa fille soit suffisamment puissante et courageuse pour parcourir le monde à la recherche de savoir. Elle continua donc, dans la joie et la bienveillance, à s'occuper de cette communauté qui grandissait au fil des ans.

Lorsque les troubles du XX ème siècle commencèrent au Sri-Lanka, Patricia chargea sa buse – dont elle venait d'apprendre la nature de totem – d'aller chercher sa fille, où qu'elle soit, pour l'informer de la situation. C'est avec joie qu'elle constata le retour d'Elise.

Les années qui suivirent furent toutefois éreintantes tant le nombre de blessés migrant dans le village pour fuir la guerre civile était important. Chaque fée, mais aussi chacun des elfes, des anges, des humains ou des sorciers présents dans le village donnaient le meilleur d'eux mêmes pour rassurer, protéger et soigner les réfugiés. Même Irhi, le vampire, faisait de son mieux. La situation du pays dégénérant, et les troubles se rapprochant dangereusement du village, Patricia pria Kasun et Elise de partir, mais ces derniers, contraints de par leur don sans pareil et leur conscience, ne purent s'y résoudre. La fée se plia donc à leur décision, et participa comme elle le pouvait malgré la faiblesse de son pouvoir de guérison.

Puis une nuit, ce fut la fin. Cela se déroula trop vite pour qu'elle ne comprenne. Elle était de garde, et voguait de maison en maison dans le but d'apaiser les souffrances les plus lourdes, lorsqu'elle entendit, au loin, un grondement se rapprochant. Elle ne comprit que trop tard de quoi il s'agissait, et déjà, des coups de feu fusèrent.

Et c'est ainsi que mourut cette fée française, après avoir traversé une vingtaine de pays pour fuir l'horreur humaine. Tuée par des hommes cupides attirés par le don extraordinaire de sa fille, méprisant toute autre forme de vie que la leur.

mardi 14 janvier 2014

Fiche de personnage - RPG - Elise, Fée

Bonjour !

Je vous présente aujourd'hui la fiche d'un personnage nouvellement créé pour un forum de RPG où je me suis inscrite. Il s'agit d'une fée à l'histoire triste et cruelle, que j'ai écrite après avoir respiré des vapeurs de frites hallucinogènes. Autant vous dire que j'étais sacrément perchée pour pondre une histoire pareille.

La fin de son "histoire" se termine un peu en queue de poisson, sachez que cela correspond à sa capture par un organisme regroupant toutes les espèces humanoïdes non humaine, afin de les préserver d'une autre organisation machiavélique qui n'a pour seul but que l'anéantissement de ces mêmes individus.

Trêve de bavardages, bonne lecture !

Photomontage réalisé pour l'occasion, crédits image à la fin

Nom : Acaru

Prénom : Elise

Surnom : Lise, Aca, Acacia

Âge : Âge réel : 213 ans, âge d'apparence : 23 ans

Sexe : Fille

Race : Fée

Totem : Paon bleu mâle, nommé Kiji

Histoire : Elle était épuisée. Cela faisait des heures, des jours, des semaines qu'elle marchait seule, portant dans ses bras un petit corps inanimé. Elle trébucha, s'écroula, ramassa le corps et le serra contre elle. Des larmes coulèrent, silencieuses sur ses joues. Elle pressentait la fin, pressentait qu'elle ne pouvait plus sauver sa fille. Elle le savait mais ne pouvait s'y résoudre. Alors elle pleura, et la vie quitta l'enfant aussi vite que les larmes dévalaient ses joues. Un paon bleu, majestueux oiseau d'Asie, s'allongea près d'elle, posant sa tête sur les genoux de la fée. Il semblait être aussi triste qu'elle. Un peu plus loin, un bruit sourd se fit entendre ; un petit colibri venait de tomber. C'est seuls, dans la nuit, que restèrent, silencieux et ravagés, la fée et son paon. Ne pouvant laisser là le corps de sa fille, Elise caressa la petite joue froide de celle qui aurait dû grandir heureuse, élevée loin des atrocités subies par sa mère.

Car des atrocités, Elise en avait subi au cours des trente dernières années. Et pourtant, à sa naissance deux cents ans plus tôt, rien de la prédisposait à un destin si tragique et cruel. Née fée de parents fées, dans une petite communauté fée au Nord du Sri-Lanka, elle eut une enfance heureuse au milieu des siens. Très vite remarquée pour son incroyable aptitude de guérison, elle fut envoyée à travers tout le pays, parfois même jusqu'en Inde ou en Chine, pour apprendre parmi les meilleurs praticiens, qu'ils soient fées, humains ou elfes. Elle acquit donc, en plus de son pouvoir de guérison inné, des savoirs aussi colossaux qu'ancestraux sur les pratiques médicales, les herbes médicinales, l'anatomie d'un grand nombre d'espèces, aussi bien animales qu'humanoïdes, ainsi qu'une bonne connaissance de la flore et de faune de cette partie de l'Asie. Elle vécu ainsi, de manière nomade, pendant environ une centaine d'années, allant de ville en ville, de bibliothèque en bibliothèque, n'ayant pour seul but que celui de s'instruire, et de venir en aide aux personnes malades, blessées, ou souffrantes.

Son existence était alors heureuse et paisible, mais vers la fin des années trente, des troubles apparurent au Sri-Lanka, et elle fut rappelée parmi les siens. Pendant une quinzaine d'années, les troubles furent non violents, les désaccords entre les deux communautés humaines du Sri-Lanka se modérant par des discussions. Cela fini toutefois par dégénérer, et il ne se passait pas une journée sans que des réfugiés humains, mais parfois aussi fées, elfes et plus rarement vampires vinrent demander soins et protections au clan fée d'Elise. Ce dernier était tout dévoué à sa tâche, et pendant plusieurs années, Elise et les siens soignèrent les blessures, pensèrent les plaies, apaisèrent les maladies. Le petit village forestier et paisible se transforma peu à peu en hôpital géant à ciel ouvert. La majorité des malades soignés restait au sein du clan, préférant la compagnie calme et bienveillante des fées plutôt que la proximité des escarmouches humaines et meurtrières.

Le don supérieur qu'Elise avait pour la guérison ne passait pas inaperçu, et elle fut nommée à la tête des équipes médicales. Visitant chaque patient et lui attribuant une fée en fonction de ses besoins, elle s'épuisa plus d'une fois pour tenter, pas toujours triomphante, de soigner une blessure grave, parfois à la limite du mortel. Elle partagea avec joie ses multiples connaissances acquises au cours du siècle précédent, mais les réfugiés accouraient toujours plus nombreux, et bientôt les fées ne purent plus faire face.

C'est dans ce même temps qu'un groupuscule d'humains peu scrupuleux eut vent de cette communauté fée, et plus particulièrement des talents d'Elise. Ils débarquèrent, armés de fusils d'assaut, d'armes de poings et de véhicules motorisés, dans le village, et tirèrent à vue. Elise ne sut jamais combien des siens étaient tombés ; ils ne s'arrêtèrent de tirer que lorsqu'ils la trouvèrent. C'était en 1972.


Durant les trente années qui suivirent, la vie d'Elise fut pire que l'Enfer. Retenue captive, elle devait soigner seules les miliciens du groupuscule ; fouettée lorsqu'elle refusait, torturée lorsqu'elle échouait, maltraitée lorsqu'elle demandait du repos, violée lorsqu'elle s'endormait. Rien de ce qu'il lui arriva lors de ces trois décennies ne devrait arriver à quelqu'un, qu'il soit homme ou femme, humain, elfe, ange, fée ou vampire. Elle changea plusieurs fois de lieu ; passant d'une grotte obscure à un laboratoire, elle ne sut jamais où elle était. Mais elle apprit à craindre tant la grotte humide et inquiétante que le laboratoire et ses prélèvements et expérimentations. Durant ces trente années, elle n'eut aucun contact avec l'extérieur, ni avec qui que ce soit, humain ou animal, d'autre que ses tortionnaires ou ses patients. Elle ignorait même si Kiji, son paon, était captif lui aussi. Elle savait juste qu'il était vivant, quelque part, puisqu'elle l'était aussi. Elle préférait l'imaginer libre, dans la nature, courant au milieu d'autres oiseaux de son espèce, plutôt que captif, à deux chambres de la sienne, enchaîné et triste, ne voyant plus le soleil, et n'ayant pas assez de place pour déployer sa roue. C'est cette image, celle de Kiji, courant libre loin de ces horreurs qui maintint allumé au plus profond d'elle même une étincelle de vie, une étincelle d'espoir.

Les jours passaient sans qu'elle ne puisse les compter. Parfois, suite aux viols répétés dont elle était la victime, elle tombait en ceinte. Combien de fois ? Elle ne pourrait le dire, mais chaque fois, on l'avortait. Que faisait-on des embryons ? Elle préférait ne pas l'imaginer. Puis, alors qu'elle se résignait à accepter son sort, à accepter les tortures physiques et morales dont elle était victime, elle fut de nouveau transférée dans un laboratoire. Plus récent, plus blanc, plus inquiétant. Ses craintes s'avérèrent fondées ; elle n'était plus là pour soigner, mais pour être examinée. Prélèvements après prélèvements, piqûre après piqûre, elle sentait son essence même se vider, et la force l'abandonner. Au moins, les tortures avaient cessé. Les tortures, oui, mais pas les viols. Deux mois après son arrivée, bien qu'elle ne puisse pas en jurer, elle sut qu'elle était à nouveau en ceinte. L'idée de perdre un énième enfant lui devint insupportable. Le jour même, une médecin humaine fit un prélèvement. Leurs regards se croisèrent, et elles n'eurent pas à parler ; elles surent dès lors le contenu des résultats. L'inespéré se produisit alors ; l'humaine organisa sa fuite, ainsi que celle d'autres fées retenues dans ce laboratoire. La fuite ne se passa pas aussi bien que prévu et, dans la nuit, Elise perdit la trace de ses compagnons. La peur la contraignit à continuer son vol, et elle ne s'arrêta que bien plus tard, bien plus loin, là où les vents ascendants, puis descendants, l'avaient portées. Elle n'avait aucune idée de l'endroit où elle se trouvait, mais elle était libre. Nous étions en 2003.

Elle n'eut dès lors qu'un seul objectif : retrouver Kiji. Cela arriva quelques jours avant qu'elle ne donne naissance à Jiyu, sa petite fille, sa petite fée, son trésor. A sa naissance, la première larme de l'enfant se transforma en petit, tout petit colibri. Ce dernier grandit en même temps que la petite, mais ne dépassa pas les sept centimètres. L'enfant, quant à elle, était une mignonne petite rousse aux yeux bleus, comme ceux de sa mère. Ils vécurent ainsi, heureux et libres, pendant près de huit ans.

Mais tout dégénéra à nouveau. Lors de l'année 2011, Jiyu contracta un mal inconnu, qu'Elise ne parvint pas à soigner. S'ensuivit alors une descente aux enfers ; la petite s'affaiblissait à vue d’œil, et Elise désespérait aussi vite. Elle se mit bientôt à errer à la surface de la planète, le corps inanimé de l'enfant dans ses bras, évitant tous les villages, toutes les villes et habitations. Elle ne pouvait se résoudre à accepter le destin de sa fille, et elle la portait, nuit et jour, à travers champs et forêts, espérant que la diversité des paysages, des animaux ou des végétaux insufflerait une nouvelle vie dans le corps de l'enfant. Elle ne s'arrêtait que pour dormir, parfois pour manger, mais elle s'affaiblissait également.

C'est après un an et demi, presque deux ans d'errance qu'elle sentit la fin proche. Elle trébucha. C'est dans ses bras que sa fille mourut. Combien de temps resta-t-elle à la pleurer ? Elle ne saurait le dire. Certainement des jours. Peut-être moins, peut-être plus, qu'importe ? Elle ne se serait certainement jamais arrêtée, si son paon n'avait pas brusquement adopté une posture défensive. Elle releva la tête, accompagnée par le braillement de son compagnon. Quelque chose n'allait pas, quelque chose les observait. Elle perçu du mouvement à sa droite, mais n'eut pas le temps de se retourner ; elle perdait déjà connaissance.

Caractère : Sous son apparence fragile et craintive se cache en réalité une toute autre personnalité. Il est vrai qu'Elise fut maltraitée, violée à de nombreuses reprises et pendant de longues années, battue, humiliée, sous-alimentée parfois, laissée pour morte plus d'une fois. Bien que ses tortionnaires humains réussirent à de nombreuses reprises à briser son corps, ils ne parvinrent pas à broyer son esprit. Grâce à une volonté de fer, elle survécu aux trente ans que durèrent son calvaire. Là où d'autres seraient devenus fous, seraient morts, elle sut s'accrocher à cette petite lueur de vie et d'espoir, qui n'avait cessé de briller en elle. Malgré tout, elle resta gravée à jamais de cette expérience et, loin de la jeune fée insouciante, joyeuse et optimiste qu'elle avait été, elle est aujourd'hui méfiante, ravagée par le chagrin, et presque muette. Elle a toutefois gardé sa nature calme, sa curiosité et sa maladresse qui font d'elle un être attachant, que l'on a sans cesse envie de consoler, sans pour autant y arriver. Elise accorde toujours à la vie une importance immense, et fera son possible pour la préserver, et ce, dans les meilleures conditions.
Elle ne peut toutefois plus se laisser approcher par des mâles d'espèce humanoïde, ce qui est valable également pour les mâles fées. La proximité de ces derniers déclenchant des crises de paniques à la fée, elle préfère généralement les éviter, et les observer de loin, afin d'apprivoiser cette peur inconsciente, incontrôlable, et non désirée.

Amours/ami(e)s : Elle avait une fille, Jiyu, qui est morte dans ses bras à l'âge de 9 ans.

Physique : Même pour une fée, Elise est petite ; tout au plus 1m08. Elle est également très fine, ce qui lui donne l'air de pouvoir être emportée par le moindre coup de vent. Et il faut dire que c'est tout à fait le cas ; c'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle est capable de voler bien plus longtemps que la plupart de ses congénères. Dotée d'une musculature fine et discrète, elle saura vous impressionner par son endurance, mais se laissera aisément distancer au sprint. Assortie à son totem, elle arbore fièrement une chevelure bleue nuit aux reflets plus clairs, ainsi que de profonds yeux bleus en amande. Sa peau, pâle à la limite du translucide contraste avec le sombre de ses cheveux. D'immenses ailes de guêpes ornent son dos, semblant faire, à peu de chose prêt, la même taille que la fée elle même. C'est, à la vérité, légèrement exagéré, mais cette impression est renforcée par la finesse des traits d'Elise. Vêtue de la même manière qu'elle l'était lors de sa fuite, neuf ans plus tôt, Elise lave et porte jour après jour cette petite chemise de nuit blanche, sans motif ni décoration. Lorsque l'hiver vient, elle revêt une cape, mais refuse catégoriquement tout autre vêtement. Elle possède également un tatouage dans le cou, et représentant un colibri aux couleurs éclatantes ; bleu, vert, jaune. Sa peau est également parsemée de stries plus ou moins grandes, témoins des horreurs qu'elle a vécu.

Signes particuliers :
Depuis sa captivité, Elise a développé une phobie pour les hommes, qui s'étend donc à toutes les créatures humanoïdes de sexe masculin. C'est également valable pour ceux de son espèce.
Elle porte le tatouage d'un colibri dans le cou. Elle s'est fait faire ce tatouage peu après la naissance de sa fille, représentant le totem de cette dernière.
Son corps est également parsemé de nombreuses cicatrices, certaines moins discrètes que d'autres, et plus particulièrement dans le dos. 






Crédits image :
Fée : Amethystana
Paon : DianePhotos
Colibri : Adriana-Pasos